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El Wattan 16-10-2010

Israël se prépare à une nouvelle guerre.

Reconnaissez Israël comme Etat juif, et je vous garantis un nouveau gel de la colonisation


C’est la dernière condition, ou plutôt, «offre empoisonnée» israélienne adressée aux Palestiniens qui l’ont vite rejetée. «Si la direction palestinienne déclarait sans équivoque à son peuple qu’elle reconnaît Israël comme la patrie nationale du peuple juif, je serai disposé à réunir mon gouvernement et demander une suspension supplémentaire des constructions», a déclaré lundi, devant la Knesset, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. «Tout comme les Palestiniens attendent de nous que nous reconnaissions un Etat palestinien comme leur patrie nationale, nous avons le droit d’attendre d’eux qu’ils reconnaissent Israël comme notre patrie nationale», a ajouté Netanyahu. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, qui exige un arrêt de la colonisation en Cisjordanie occupée pour poursuivre les négociations directes avec Israël, entamées au début du mois de septembre dernier, a rejeté ce nouveau chantage politique. Le gouvernement israélien avait refusé de prolonger le moratoire de 10 mois sur le gel de la colonisation qui a expiré le 26 septembre dernier, ce qui a poussé Abbas à mettre un terme aux négociations directes. Au lieu de se mettre du côté de la légitimité internationale qui considère illégale la colonisation israélienne dans les territoires occupés en 1967, les Etats-Unis,  qui ont fait de gros efforts pour convaincre les Palestiniens à participer aux négociations directes qu’ils parrainent, n’ont pas trouvé mieux que de demander à la direction palestinienne de formuler une contre-proposition à l’offre empoisonnée de Netanyahu.
Le Premier ministre israélien a exposé son point de vue sur les initiatives qu’il est disposé à prendre en faveur du processus et sur ce que son peuple est, à ses yeux, en droit d’en attendre. «Nous aimerions que les Palestiniens en fassent de même», a dit le porte-parole du département d’Etat, P. J. Crowley. Il a en outre apporté son soutien à la position défendue par Benyamin Netanyahu en rappelant que les Etats-Unis considéraient Israël comme un Etat juif. «Nous reconnaissons qu’Israël est, comme il le dit lui-même, un Etat juif», a-t-il dit.


Jouant le jeu jusqu’à la fin, la direction de l’Organisation de libération de la Palestine a répondu hier par un appel à la direction américaine et Israël à définir les frontières de l’Etat d’Israël qu’ils veulent voir reconnu par les Palestiniens comme Etat juif. «Nous demandons officiellement à l’Administration américaine et au gouvernement israélien de fournir une carte de l’Etat d’Israël qu’on nous demande de reconnaîtres», a déclaré Yasser Abd Rabbo, secrétaire général du comité exécutif de l’OLP. «Si cette carte est fondée sur les frontières de 1967 et prévoit la fin de l’occupation israélienne de tous les Territoires palestiniens occupés en 1967, nous reconnaîtrons Israël quel que soit le nom qu’il se donne, conformément au droit international», a dit Abd Rabbo, sachant à l’avance que l’actuel gouvernement israélien, le plus à droite depuis la création de l’Etat hébreu, refusera de telles frontières.
 Devant le blocage actuel du processus de paix, les informations tombées hier, faisant part d’une réunion urgente, aujourd’hui, en tête à tête, à la demande du Premier ministre israélien avec la chef de l’opposition, Tzipi Livni, font craindre que la région se dirige vers une escalade militaire et non vers une solution pacifique.
En Israël, de telles réunions précèdent généralement des prises de décisions importantes et parfois stratégiques. Lorsqu’on sait par ailleurs que l’armée israélienne a commencé hier, dans le désert du Neguev, les plus grandes manœuvres de l’histoire de l’Etat hébreu, avec la participation du nouveau char Merkava, on ne peut que croire à l’imminence d’une nouvelle guerre. Les cibles potentielles seraient le Sud Liban et le Hezbollah de Hassan Nasrallah, la bande de Ghaza et le mouvement Hamas, la Syrie et enfin l’Iran.

Israël préfère la guerre

El Wattan 19-9-2010

Israël a pris le risque de plonger le Proche-Orient dans une nouvelle phase d’incertitude. Ou plutôt l’inverse, car pour être juste, personne n’a réellement cru aux discours de paix de ses dirigeants. En venant aux nouvelles négociations qu’ils ont décidées ainsi d’abréger, Benjamin Netanyahu et ses ministres ont énoncé tellement de conditions qu’il n’y avait plus la moindre place pour la négociation. Négocier quoi, se demandait-on à juste titre, du moment qu’Israël refusait l’essentiel, c'est-à-dire restituer les territoires palestiniens. Bien au contraire, la colonisation n’a jamais été aussi intense que cette année, et en accepter le gel temporaire, c’est vraiment accepter une condition de trop, celle qui consiste à entériner les exigences israéliennes et renoncer à ses propres revendications légitimées par ce qui tient lieu de légalité internationale.

Les Palestiniens ont été placés dans cette position qu’ils ont fini par accepter, certainement pour refuser d’endosser l’inévitable échec. Ils savaient que les négociations, auxquelles ils prenaient part, ne bénéficiaient d’aucun préjugé favorable, et qu’ils risquaient de cautionner une mystification si rien n’était fait, entre-temps, pour en corriger la trajectoire. Le gel a été opposé à l’arrêt de la colonisation, comme le réclame notamment l’ONU tenue à l’écart de ces négociations, alors qu’elle était sollicitée en d’autres circonstances. Pour dire le droit, finit-on par s’en rappeler. Mais pas toujours, et cela rappelle le traitement au cas par cas, avec tout ce que cela implique comme mécanismes d’application de ce même droit. Il s’agit de la contrainte à laquelle Israël a toujours échappé, contrairement à d’autres pays qui ont payé très cher certains écarts.

Israël a donc mis fin, hier, à ce faux suspense en annonçant son refus de prolonger le moratoire sur la construction dans les colonies en Cisjordanie, en dépit des pressions américaines et des avertissements des Palestiniens qu’ils rompraient des négociations qui en étaient, cette semaine, à leur second round, et très probablement le dernier. Cela rappelle, point par point, l’incident du printemps dernier provoqué par l’annonce de la décision israélienne de lancer la construction de centaines de logements, alors même que le vice-président américain se trouvait dans la région, pour justement faire avancer le processus de paix. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a indiqué jeudi «espérer» une prolongation du moratoire, après avoir participé à deux jours de négociations israélo-palestiniennes sans avoir réglé le différend sur la colonisation juive en Cisjordanie.

Ce n’est plus de la négociation, alors même que la règle de droit est tout simplement bafouée. Aucune référence aux textes de l’ONU qui cernent avec exactitude les droits nationaux du peuple palestinien, mais un invraisemblable rapport basé sur la force qui contraindra les Palestiniens à renoncer à leurs aspirations. Tout compte fait, Israël agit comme bon lui semble, même si une telle politique met en danger les intérêts de ses alliés, les Etats-Unis l’ayant même fait savoir. Ce sont ces derniers qui sont cette fois interpellés. Les simples appels au bon sens ne suffisent plus. Il est clair, en effet, que la poursuite de la colonisation est une déclaration de guerre.


Le Roi Mohammed VI refuse de rencontrer Shimon Peres


Le président israélien Shimon Peres a annulé sa participation au Forum économique mondial fin octobre au Maroc après avoir été informé qu’il ne pourrait pas rencontrer à cette occasion le roi Mohammed VI.
Le roi a pris cette décision en raison de la situation politique actuelle avec les Palestiniens, a affirmé une responsable au bureau de la présidence israélienne.
A la suite des Accords d’Oslo entre Israël et l’OLP en 1993, Israël avait ouvert un bureau de liaison à Rabat en 1994, le Maroc ouvrant son bureau à Tel-Aviv en 1995. Mais, en octobre 2000, le Maroc a suspendu ses relations avec l’Etat hébreu pour protester contre la politique de répression israélienne de l’Intifada palestinienne et a conditionné la réouverture de sa représentation à l’évolution du processus de paix.


Les jeux dangereux des titis palestiniens

Le Figaro

Crédits photo : ILIA YEFIMOVICH/AFP

À Jérusalem, la nouvelle génération de lanceurs de pierres est composée de garçons d'une dizaine d'années. 

La photo où il voltige au-dessus du capot de la voiture d'un colon qui vient de le percuter a fait le tour du monde. Le 8 octobre dernier, Iyad Geiht, un garçonnet palestinien de 11 ans, attaque avec une bande de gamins de son âge des voitures israéliennes dans le quartier de Silwan, à Jérusalem-Est. Pris sous les jets de pierres, David Beeri, le directeur d'une organisation de colons du quartier, accélère et renverse deux des enfants, Iyad et Imran Mansour, 12 ans. Le lendemain, à peine sorti de l'hôpital avec quelques contusions, Iyad Geiht voit défiler dans sa chambre tous ses voisins, mais aussi des équipes de télévision et des journalistes du monde entier. Ce garçon fluet, qui se tortille timidement sur le canapé à fleurs du salon familial, est devenu l'un des nouveaux acteurs du drame israélo-palestinien.
Depuis plusieurs mois, les incidents qui se multiplient à Silwan n'impliquent plus seulement des adultes ou des adolescents, mais des enfants. Souvent âgés d'à peine dix ans ces gavroches caillassent les véhicules dans les rues escarpées du quartier. Cette guérilla enfantine d'un genre nouveau pose un problème inédit à la police israélienne qui ne peut guère emprisonner des garçonnets.
Une semaine après l'incident, Iyad Geiht est convoqué avec son père au siège de la police à Jérusalem. «Ils m'ont montré les photos, et m'ont demandé pourquoi j'avais mon tee-shirt sur mon visage et pourquoi je lançais des pierres», raconte le garçon. «J'ai dit que c'était bien moi, mais je n'étais pas masqué et que je n'avais pas lancé de pierres.»
«Ils m'ont demandé qui étaient les jeunes qui étaient avec moi, mais j'ai répondu que je ne les connaissais pas.»
La police demande au père, Alah Geiht, de verser une caution pour pouvoir repartir avec son fils. «J'ai dit que je n'avais pas d'argent, et qu'ils pouvaient garder l'enfant.» La police laisse finalement le duo rentrer à la maison.
Cette intifada des enfants se déroule dans l'un des secteurs les plus volatils de Jérusalem-Est.

Intifada enfantine 

Silwan est un ravin étroit, coincé entre les remparts de la Vieille Ville et le mont des Oliviers. Dans ce fouillis de maisons accrochées aux pentes du vallon, 60.000 Palestiniens se heurtent régulièrement à quelques centaines de colons israéliens, retranchés dans les bâtiments qu'ils occupent au beau milieu du quartier. L'organisation de colons Elad, que dirige David Beeri, mène parallèlement des fouilles hautement politiques visant à exhumer les vestiges de la Jérusalem davidique, et une politique active de colonisation, en rachetant des maisons palestiniennes et en y installant des familles juives. Les heurts entre les habitants palestiniens et les gardes de sécurité qui protègent ces colons font régulièrement des blessés, parfois même des morts comme au début de ce mois. Le projet d'Elad, soutenu par la municipalité de Jérusalem, vise à étendre le site touristique de la Cité de David en transformant le fond du vallon en parc archéologique, détruisant des maisons palestiniennes.
«Nous sommes des habitants de Jérusalem, nous payons nos impôts locaux, mais la municipalité ne s'occupe pas de nous », explique le père d'Iyad. «Notre argent sert à financer les colons, qui bénéficient de tous les services publics, le ramassage des ordures, le tout-à-l'égout. Nous, nous n'avons rien», poursuit-il. «Nos enfants n'ont aucun endroit où aller, ils vont jouer au foot dans le fond du vallon, et là, les incidents commencent. Je ne peux pas garder mon fils à la maison.»
Les enfants ont pris le relais des pères et des grands frères. Sans chefs ni programme politique, l'intifada est pour eux un jeu, plus dangereux que les autres.
«La semaine dernière, il y a eu un débat à la Knesset, l'assemblée israélienne », dit le père d'Iyad. « Un député a déclaré qu'il ne devait y avoir d'impunité pour personne. Même pas pour les enfants. Un autre a suggéré que les parents des gamins qui lancent les pierres soient tenus pour responsables. Alors que colon qui a renversé mon fils n'a même pas été arrêté par la police.»
Selon les habitants palestiniens de Silwan, la police vient presque chaque nuit visiter des maisons. Ils enfoncent la porte, et arrêtent des enfants. «Je reste tout habillé chaque nuit, pour être prêt au cas où ils viendraient», continue le père d'Iyad. «J'ai déjà été arrêté, quand j'avais 17 ans. J'étais terrifié. Mais ces petits ne sont pas comme nous, ils n'ont pas peur.»
Alah Geiht se défend de toute incitation à la violence. «Ils agissent tout seuls. Aucun père n'irait envoyer un petit jeter des pierres. Ils rentrent de l'école, se heurtent à la police, et voilà.»
Le cousin d'Iyad, Baha Rajbi, 12 ans, a l'air à peine plus âgé que lui dans ses culottes courtes. D'une petite voix, il admet jeter des pierres. «On se divise en groupes, il y a des guetteurs qui avertissent les autres quand la police arrive», raconte-t-il. «Quand j'ai été arrêté il y a une semaine, ils m'ont remonté mon tee-shirt sur le visage et lié les mains. J'avais peur. Je pensais qu'ils allaient me battre. Mais ils m'ont juste interrogé, et ont pris ma photo et mes empreintes digitales.. Le soir, ils ont appelé mon père et m'ont laissé repartir.»




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