Dans la vallée du Jourdain, Agrexco vole la terre et l'eau.
Lors
d’un
voyage en Palestine fin octobre, des paysans
confédérés témoignent de leur passage dans la vallée du Jourdain . C’est là que la firme Agrexco,
contrôlée par
le ministère israélien de l’Agriculture, cultive une grande partie de
ces
produits exportés dans le monde entier.
La vallée du Jourdain
paraît bien fertile. Pourtant, certaines terres ne ressemblent à rien
de
connu : mi-terre, mi-plastique broyé de diverses couleurs, un drame
environnemental côtoie la misère sociale et des conditions de vie
proches des
bidonvilles.

La vallée du
Jourdain,
c’est 30% de la
Cisjordanie. Les Israéliens occupent 93% des terres,
détournent
98% de la ressource en eau et laissent aux Palestiniens les plus
mauvaises
terres. Sans eau, ces derniers ne peuvent travailler leurs champs que
l’automne
ou l’hiver, s’il pleut. Entre les usines de conditionnement d’Agrexco
et les
plantations se trouvent les villages palestiniens, « bidon-campagnes »
modernes ou les tuyaux d’eau passent au dessous, l’électricité au
dessus, sans que
personne ne puisse s’en servir.
Nous sommes devant
une
maison verte, celle de jeunes mariés.

Détruite avec
dix-huit autres par les
Israéliens durant les années précédentes, elle a été reconstruite grâce
a la
solidarité internationale, avec des matériaux légers, pas chers, car
l’armée
revient régulièrement détruire des maisons. Nous ne comprenons pas la
logique
de terroriser les ouvriers des colonies. La réponse est simple; les
Israéliens veulent vider la vallée du Jourdain des Palestiniens. 200
000 en
1947, 60 000 aujourd’hui. Ils recherchent aussi une main d’œuvre encore
moins
chère et, surtout, qui ne revendiquerait pas la terre, des Philippins
par
exemple.
Les enjeux de la
vallée
sont multiples. C’est une excellente terre agricole et la première
ressource en
eau souterraine d’Israël. C’est aussi le seul lieu possible de
développement à
l’Est pour Jérusalem. Et, sans cette
vallée, le retour des refugiés palestiniens de 1948 est impossible.
Pour justifier la
pression de l’armée et des colons, le premier ministre israélien a
déclaré il y
a quelques semaines que les Palestiniens allaient a l’encontre des
accords
d’Oslo en travaillant dans la vallée, sans préciser qu’ils étaient chez
eux.
Politiquement, la vallée du Jourdain intéresse peu l’Autorité
palestinienne, même
si les débats autour du boycott des produits qui y sont cultivés
commencent à
faire bouger les choses.
Devant nous, des
champs
à perte de vue, quelques paysans palestiniens y travaillent encore
malgré le
soleil qui se couche... Un peu de vert, beaucoup de plastique blanc,
beaucoup
de poussière. Plus loin, le vert accentué des orangeraies et des vignes
israéliennes, celles de la marque "Jaffa" exploitée par la compagnie
Agrexco. Irrigués, enfermés derrière des barrières électriques, les
fruits
seront plus tard emportés à l’entrepôt, à 500m de là.

Carmel/Agrexco s’est
approprié les meilleures terres. Fathi, notre interlocuteur, nous
explique tout
ça. Ses enfants, deux garçons et une petite fille avec les yeux qui lui
mangent
la figure, viennent se blottir dans ses jambes, comme le font tous les
enfants
du monde avec leur père. Les enfants israéliens doivent faire de
même...
Pourtant, demain peut-être, ces trois-là seront des combattants contre
ces Israéliens
qui, hier, comme eux, s’accrochaient aux jambes de leur père.

Témoignage de 6 membres de la 156 ème mission civile:
Une vie de brimadesTémoignage de trois
militants
confédérés (1) de la 155 ème mission qui a eu lieu du
14 au 24 octobre.
Ici, comme ailleurs
en Palestine, c'est l'arbitraire de la colonisation qui dicte les
règles du jeu:
Dans les villages de la vallée, les restrictions,
entraves,
brimades minent la vie quotidienne des habitants. Il est difficile pour
notre
cerveau d'humain de concevoir tout ce que les Israéliens mettent en
œuvre ici
pour vider la population de ces villages aux terres fertiles. Liste
non-exhaustive…
Coupure d'eau
: la source du village a été confisquée par les Israéliens,
précieusement
gardée derrière un check-point érigé pour empêcher la libre-circulation
des
villageois vers la source. Pour éviter de subir les coupures
intempestives, les
villageois ont construits des citernes de stockage. Deux ont été rasées
près du
village d'où nous constatons les ruines.
Cultures sous serre
: Nous visitons des serres où sont cultivées des tomates. Une seule
serre est
cultivée ; les tomates sont arrosées une fois par semaine, alors
qu'elles
devraient recevoir de l'eau deux ou trois fois par semaine. A quoi bon
cultiver
les autres serres, vu que l'eau permet à peine d'en approvisionner une ?
Pour la pollinisation des plants, les
Palestiniens doivent
se fournir auprès des Israéliens. Ceux-ci leur vendent des ruches à 100
dollars
US pièce : ce sont des sortes de bourdons, dont la seule utilité est la
pollinisation et qui meurent au bout d'une quarantaine de jours.
Les villages ne bénéficient pas de l'électricité.
Il y a par
contre une centrale électrique récente au village... qui sert à
alimenter la
colonie et les exploitations agricoles israéliennes.
La nouvelle école, construite après bien
des difficultés,
n'a pu compter que sur le projet d'une ONG qui a installé des panneaux
photovoltaïques sur le toit. Le deuxième étage de l'établissement n'a
pas reçu
d'autorisation, il est considéré comme illégal et pourrait être détruit
à tout
moment. Ce sont des fonds US qui ont financé l’école et l'ambassadeur
américain
a intercédé auprès des autorités israéliennes pour que l'école soit
préservée... pour le moment.
Couvre-feu,
villageois emprisonnés : la route qui mène au village est
interdite à la
circulation des palestiniens après 19h, quelle que soit l'urgence, même
médicale. Celui qui s'y risque le fera au péril de sa vie.
Des maisons en
sursis : les israéliens ont déclaré illégales les maisons
de toute une
partie du village. Ils attendent le moindre prétexte (sécurité
disent-ils...)
pour les détruire.
Réquisition des
terres : Nous voyons des champs cultivés par des
israéliens qui se les
ont appropriés de facto. La raison
invoquée ? Le propriétaire n'habite plus ici - en général, des
personnes qui
ont fui en 1948. Pourtant toute la famille y habite encore et a besoin
de cette
terre pour vivre. Mais ce n'est pas l'avis des Israéliens…
Mélanie Vandecasteele,
(1) respectivement
documentariste au siège de
la Confédération paysanne, paysan dans
l’Aude et secrétaire
national, et paysanne dans
la Drôme.
Témoignage d'un docker de Marseille
en commentaire suite à l'article de Montpellier journal sur
les syndicalistes et Agrexco:
bonjour je suis docker a marseille et tiens a dire aux dockers
de
sete et au citoyens. Agrexco est le champion du monde du dumping social
après avoir fait depenser des millions en infrastructure sur le port de
marseille et tirer les prix de la pallette au plus bas en essayant
toujours d'employer moins de monde en faisant un chantage permanent aux
acconier pour avoir les prix les plus bas en essayant de mettre leur
personnel phillipins qu'ils exploitent a la place des dockers. Ils
font des appels d'offres un peu partout et attendent l'argent public pour
s'implanter mais ne rêvez pas; dès que l'argent aura été investi, ils
demanderont toujours plus sous la menace de partir et si une autre
région leur fait la même proposition que vous ils partiront sans état d âme.
Monsieur freche vous venez d'enlever 12 000 journées de
travail aux dockers de Marseille pour en offrir même pas le quart au
dockers de sète. Avec ces méthodes ne vous étonnez pas quand demain ils
partiront à cause d un abruti comme vous qui achetera des journèes de
travail avec de l argent public et vous les dockers; drôle de solidarité,
sachez quand même que les dockers de fos ont refusé d'opérer le navire
par conscience professionelle et pour préserver leur emploi sur le long
terme. Alors réflechissez et pensez a demain.