PERPIGNAN PALESTINE SOLIDARITE

-PERPIGNAN LA CATALANE ET PYRENEES ORIENTALES-
acceuil     charte et statuts     agenda     Contactez-nous     Adhesion     Liens     BDS     décembre09     Mars10     Mai10     Mai-juin10     soutien-militants     Septembre10     essai      

Dans la vallée du Jourdain, Agrexco vole la terre et l'eau.

Lors d’un voyage en Palestine fin octobre, des paysans confédérés témoignent de leur passage dans la vallée du Jourdain . C’est là que la firme Agrexco, contrôlée par le ministère israélien de l’Agriculture, cultive une grande partie de ces produits exportés dans le monde entier.


La vallée du Jourdain paraît bien fertile. Pourtant, certaines terres ne ressemblent à rien de connu : mi-terre, mi-plastique broyé de diverses couleurs, un drame environnemental côtoie la misère sociale et des conditions de vie proches des bidonvilles.



La vallée du Jourdain, c’est 30% de la Cisjordanie. Les Israéliens occupent 93% des terres, détournent 98% de la ressource en eau et laissent aux Palestiniens les plus mauvaises terres. Sans eau, ces derniers ne peuvent travailler leurs champs que l’automne ou l’hiver, s’il pleut. Entre les usines de conditionnement d’Agrexco et les plantations se trouvent les villages palestiniens, « bidon-campagnes » modernes ou les tuyaux d’eau passent au dessous, l’électricité au dessus, sans que personne ne puisse s’en servir.

Nous sommes devant une maison verte, celle de jeunes mariés.


Détruite avec dix-huit autres par les Israéliens durant les années précédentes, elle a été reconstruite grâce a la solidarité internationale, avec des matériaux légers, pas chers, car l’armée revient régulièrement détruire des maisons. Nous ne comprenons pas la logique de terroriser les ouvriers des colonies. La réponse est simple; les Israéliens veulent vider la vallée du Jourdain des Palestiniens. 200 000 en 1947, 60 000 aujourd’hui. Ils recherchent aussi une main d’œuvre encore moins chère et, surtout, qui ne revendiquerait pas la terre, des Philippins par exemple.

Les enjeux de la vallée sont multiples. C’est une excellente terre agricole et la première ressource en eau souterraine d’Israël. C’est aussi le seul lieu possible de développement à l’Est pour Jérusalem.  Et, sans cette vallée, le retour des refugiés palestiniens de 1948 est impossible.

Pour justifier la pression de l’armée et des colons, le premier ministre israélien a déclaré il y a quelques semaines que les Palestiniens allaient a l’encontre des accords d’Oslo en travaillant dans la vallée, sans préciser qu’ils étaient chez eux. Politiquement, la vallée du Jourdain intéresse peu l’Autorité palestinienne, même si les débats autour du boycott des produits qui y sont cultivés commencent à faire bouger les choses.

Devant nous, des champs à perte de vue, quelques paysans palestiniens y travaillent encore malgré le soleil qui se couche... Un peu de vert, beaucoup de plastique blanc, beaucoup de poussière. Plus loin, le vert accentué des orangeraies et des vignes israéliennes, celles de la marque "Jaffa" exploitée par la compagnie Agrexco. Irrigués, enfermés derrière des barrières électriques, les fruits seront plus tard emportés à l’entrepôt, à 500m de là.



Carmel/Agrexco s’est approprié les meilleures terres. Fathi, notre interlocuteur, nous explique tout ça. Ses enfants, deux garçons et une petite fille avec les yeux qui lui mangent la figure, viennent se blottir dans ses jambes, comme le font tous les enfants du monde avec leur père. Les enfants israéliens doivent faire de même... Pourtant, demain peut-être, ces trois-là seront des combattants contre ces Israéliens qui, hier, comme eux, s’accrochaient aux jambes de leur père.

 

Témoignage de 6 membres de la 156 ème mission civile:

Une vie de brimades

Témoignage de trois militants confédérés (1) de la 155 ème mission qui a eu lieu du 14 au 24 octobre.


Ici, comme ailleurs en Palestine, c'est l'arbitraire de la colonisation qui dicte les règles du jeu:

Dans les villages de la vallée, les restrictions, entraves, brimades minent la vie quotidienne des habitants. Il est difficile pour notre cerveau d'humain de concevoir tout ce que les Israéliens mettent en œuvre ici pour vider la population de ces villages aux terres fertiles. Liste non-exhaustive…

Coupure d'eau : la source du village a été confisquée par les Israéliens, précieusement gardée derrière un check-point érigé pour empêcher la libre-circulation des villageois vers la source. Pour éviter de subir les coupures intempestives, les villageois ont construits des citernes de stockage. Deux ont été rasées près du village d'où nous constatons les ruines.

Cultures sous serre : Nous visitons des serres où sont cultivées des tomates. Une seule serre est cultivée ; les tomates sont arrosées une fois par semaine, alors qu'elles devraient recevoir de l'eau deux ou trois fois par semaine. A quoi bon cultiver les autres serres, vu que l'eau permet à peine d'en approvisionner une ?

Pour la pollinisation des plants, les Palestiniens doivent se fournir auprès des Israéliens. Ceux-ci leur vendent des ruches à 100 dollars US pièce : ce sont des sortes de bourdons, dont la seule utilité est la pollinisation et qui meurent au bout d'une quarantaine de jours.

Les villages ne bénéficient pas de l'électricité. Il y a par contre une centrale électrique récente au village... qui sert à alimenter la colonie et les exploitations agricoles israéliennes.

La nouvelle école, construite après bien des difficultés, n'a pu compter que sur le projet d'une ONG qui a installé des panneaux photovoltaïques sur le toit. Le deuxième étage de l'établissement n'a pas reçu d'autorisation, il est considéré comme illégal et pourrait être détruit à tout moment. Ce sont des fonds US qui ont financé l’école et l'ambassadeur américain a intercédé auprès des autorités israéliennes pour que l'école soit préservée... pour le moment.

Couvre-feu, villageois emprisonnés : la route qui mène au village est interdite à la circulation des palestiniens après 19h, quelle que soit l'urgence, même médicale. Celui qui s'y risque le fera au péril de sa vie.

Des maisons en sursis : les israéliens ont déclaré illégales les maisons de toute une partie du village. Ils attendent le moindre prétexte (sécurité disent-ils...) pour les détruire.

Réquisition des terres : Nous voyons des champs cultivés par des israéliens qui se les ont appropriés de facto.  La raison invoquée ? Le propriétaire n'habite plus ici - en général, des personnes qui ont fui en 1948. Pourtant toute la famille y habite encore et a besoin de cette terre pour vivre. Mais ce n'est pas l'avis des Israéliens…

Mélanie Vandecasteele,

 
(1) respectivement documentariste au siège de la Confédération paysanne, paysan dans l’Aude et secrétaire national, et paysanne dans la Drôme.


Témoignage d'un docker de Marseille
en commentaire suite à l'article de Montpellier journal sur les syndicalistes et Agrexco:

bonjour je suis docker a marseille et tiens a dire aux dockers de sete et au citoyens. Agrexco est le champion du monde du dumping social après avoir fait depenser des millions en infrastructure sur le port de marseille et tirer les prix de la pallette au plus bas en essayant toujours d'employer moins de monde en faisant un chantage permanent aux acconier pour avoir les prix les plus bas en essayant de mettre leur personnel phillipins qu'ils exploitent a la place des dockers. Ils font des appels d'offres un peu partout et attendent l'argent public pour s'implanter mais ne rêvez pas; dès que l'argent aura été investi, ils demanderont toujours plus sous la menace de partir et si une autre région leur fait la même proposition que vous ils partiront sans état d âme.
Monsieur freche vous venez d'enlever 12 000 journées de travail aux dockers de Marseille pour en offrir même pas le quart au dockers de sète. Avec ces méthodes ne vous étonnez pas quand demain ils partiront à cause d un abruti comme vous qui achetera des journèes de travail avec de l argent public et vous les dockers; drôle de solidarité, sachez quand même que les dockers de fos ont refusé d'opérer le navire par conscience professionelle et pour préserver leur emploi sur le long terme. Alors réflechissez et pensez a demain.